Origine du Tatouage Corporel dit Artistique
Histoire:
Le mot vient du tahitien tatau, qui signifie marquer ou dessiner. La racine du mot, ta renvoie aux verbes frapper, inciser. Le Docteur Berchon, traducteur du deuxième voyage de Cook vers Tahiti en 1772 employa pour la première fois le mot Tatoo. En 1858, le mot fut officiellement francisé en Tatouage et fit son apparition dans le dictionnaire de Littré.
Tatouer est une pratique attestée en Eurasie depuis le néolithique. « Ötzi », l'homme des glaces découvert gelé dans les Alpes italo-autrichiennes est mort vers -3 500. Il arbore des tatouages thérapeutiques (petits traits parallèles le long des lombaires et sur les jambes). Le bassin du Tarim (Xinjiang en Chine) a révélé plusieurs momies tatouées de type physique européen. Encore mal connues (les seuls travaux accessibles en langue occidentale sont ceux de J. P. Mallory et V. H. Mair, The Tarim Mummies, Londres, 2000), certaines d'entre elles pourraient dater de la fin du 2e millénaire avant notre ère. Trois momies tatouées ont été extraites du permafrost de l'Altaï dans la seconde moitié du XXe siècle (l'Homme de Payzyrk dans les années 40 ; défunts du plateau d'Ukok dans les années 90). Leurs tatouages mettent en œuvre un répertoire animalier exécuté dans un style curviligne virtuose.
Le tatouage sera mal considéré dans la culture occidentale à cause des condamnations judéo-chrétiennes qui l'entourent : Levitique 19:28 (Ancien Testament) « Vous ne vous ferez pas d'incisions sur le corps à cause d'un mort et vous ne ferez pas dessiner des tatouages sur le corps. Je suis l'Eternel. » (Rites pratiqués par les égyptiens et certains peuples du Moyen-Orient)
Les Européens ont redécouvert le tatouage lors des explorations dans le Pacifique sud avec le capitaine James Cook dans les années 1770 et les marins en particulier étaient particulièrement identifiés avec ces marques dans la culture européenne jusqu'après la Seconde Guerre mondiale. Ces mêmes marins européens se tatouaient souvent un crucifix sur tout le dos afin de se prémunir de la flagellation en cas de punition. Car c'était un crime que de défigurer une image pieuse ...
Ce système d'identification etait aussi un moyen sur et efficace de renseignement des fiches des forces de police sur la pègre avant l'arrivée de la photo d'identité. Les fiches de polices jusqu'au XIXe siècle comportaient la signalisation et la description de chaque tatouage qui permettait ainsi de caractériser sans erreur un individu.
Finalité:
Les raisons pour lesquelles les gens choisissent d'être tatoués sont diverses : identification à un groupe, cosmétique, rituel religieux et utilisations magiques sont les plus fréquentes. Aussi, la sociologie du corps les tient pour un objet d'étude important.
À l'origine ces marques sur la peau étaient des signes d'appartenance à un groupe : religieux chez les Māori, de pirates, d'anciens prisonniers ou de légionnaires.
Dans les années 1970 un véritable engouement pour le tatouage est né et a connu une forte amplification vingt ans plus tard. Le tatouage n'est plus alors une manière d'afficher son appartenance à un groupe, à une tribu ou à un quartier. C'est un moyen de revendiquer son originalité, de séduire, de s'embellir, de provoquer.
Un tatouage correspond souvent à un moment important de la vie, agréable ou douloureux. Les adolescents le vivent comme un rite de passage et agissent parfois sur une impulsion qu'ils regrettent plus tard.
Le lieu de l'inscription, creux des reins, dos, poitrine, cheville, épaule, voire main ou visage a également une importante signification.
Enfin, des « tatouages » sont appliqués pour faciliter la reproductibilité de certaines thérapies médicales. En radiothérapie externe, des tracés persistants sont appliqués sur la peau (notamment à l'aide de fuschine) tandis que les tatouages permanents se réduisent à de simples points appliqués à l'aide d'une petite aiguille trempée dans l'encre de Chine. Le but de ces tatouages est de fixer les champs à la peau qui correspondent à la zone tumorale à irradier.
Tatouages contraints
À travers l'histoire, les gens ont aussi été tatoués de force pour de nombreuses raisons.
Dans l'Antiquité, Polybius rasa la tête de son esclave puis tatoua un message a transmettre sur son crâne, puis attendit la repousse des cheveux avant d'envoyer l'esclave vers son destinataire.
Un autre tatouage contraint est l'identification ka-tzetnik dans les camps de concentration pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Durant la Seconde Guerre mondiale, les nazis marquèrent une partie des déportés des camps de concentration et d'extermination d'un tatouage, sur l'avant-bras, d'un numéro matricule. Ce fut particulièrement le cas à Auschwitz.
Dans ce cadre, le tatouage contraint participait d'une entreprise de déshumanisation.
Après la guerre, les survivants des camps eurent des réactions différentes : si la majorité d'entre eux les conservèrent, certains se les firent enlever.
Ces tatouages, figurant sur certains corps à la Faculté de Médecine, permettant d'identifier l'origine criminelle des corps des victimes de l'extermination, furent excisés afin d'empêcher de reconnaître leur origine.
Les nazis dans les camp prélevèrent certains tatouages (hors matricule de camp) afin d'en faire une collection morbide après les avoir tannés à la manière de parchemin. Ainsi au camp de Buchenwald, Ilse Koch, une femme de SS, faisait la collection de tatouages. Elle se promenait à cheval dans le camp et repérait les détenus possédant des tatouages. Ces déportés étaient alors assassinés et au moyen d'un produit spécial, le tatouage était récupéré pour compléter sa collection. A la libération du camp, elle possédait 142 tatouages.
Par ailleurs, les soldats de la Waffen-SS étaient aussi tatoués. Il recevaient leur groupe sanguin sur la face intérieure du biceps du bras gauche. Ce tatouage était surnommé « Kainsmal » - la « Marque de Caïn » (allusion à la marque que Dieu apposa sur Caïn afin de l'empêcher d'être tué et de fuir à jamais) et ne comportait qu'une seule lettre. Contrairement à la légende, aucune autre inscription, matricule ou unité militaire n'étaient tatoués. Ceci permit d'en identifier facilement quelques-uns après la guerre.
Procédure:
Quelques cultures tribales créent des tatouages en coupant la peau et en frottant ensuite la blessure avec de l'encre, des cendres ou d'autres agents. Cela peut être un complément à la scarification. Quelques cultures créent des marques de tatouage en frappant l'encre dans la peau avec des os aiguisés.
TATOUEURS MODERNES:
En 1891, le tatoueur américain Samuel O'Reilly révolutionna la technique du tatouage en déposant le brevet de la 1ère machine électrique, celle-ci n'étant que l'instrument breveté en 1876, par Thomas Edison et servant à trouer les feuilles de papier qui étaient ensuite employées comme pochoirs pour l'impression. Charlie Wagner perfectionna ensuite la technique du tatouage en utilisant l'appareil d'O'Reilly.
De nos jours, la méthode ordinaire est d'introduire l'encre avec un dermographe.
Un dermographe est composé d'aiguilles attachées à une barre avec un canon électrique. Lorsqu'il est enclenché, les pointes se déplacent rapidement de haut en bas et l'action des aiguilles permet l'insertion de l'encre sous la couche la plus haute de l'épiderme. Il agit suivant un principe électromagnétique, à la manière des anciennes sonnettes de porte.
Les styles de tatouages :
* tribal : graphismes en lignes épaisses, le plus souvent en noir, inspirés des tatouages primitifs en général, polynésiens en particulier ;
* flash : images couvrant les murs des studios de tatouages ;
* custom (ou personnalisé) : tatouage sur-mesure, il peut être conçu par le client, en collaboration avec un artiste pour donner un tatouage unique ;
* réaliste : motifs exécutés de la manière la plus réaliste qui soit, les tatouages les plus réussis donnent l'impression de véritables photos ;
* old school ou « traditionnel » : motifs d'inspiration rock'n'roll, pin-up, années 50, etc... executé selon les principes traditionnels occidentaux : contours épais, fortes ombres noires, usage de couleurs primaires vives ;
* celtique : rappelle l'art celtique (entrelacs, croix celtiques, créatures mythologiques, etc.) ;
* asiatique : inspiré de l'art asiatique (dragons, poissons, bouddha, kanji, etc.) ;
* new school : old school version moderne ;
* abstract ;
* biomécanique : tatouage abstrait incorporant des composants mécaniques
*Maori*Animaliers*Floraux
*Portraits d'après Photo*Bandes Dessinées *Mangas
*Mythes et Légendes *Heroic Fantasy*3D
/Ted/
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